par Yves-Marie Acquier et Thomas Pagotto
Dans ce n°121 des Actes de Lecture, Thierry Opillard réfléchit à ce que signifient les résultats de la 3ème étude PIRLS (Programme International de Recherche en Lecture Scolaire) publiés en décembre 2012 (lire l’article). Encore une fois, les résultats français se dégradent. L’écart entre les écoles prioritaires et les autres a baissé... en raison de la chute des résultats des élèves les plus avancés. Il ne semble pas que ces deux constats soient seulement l’effet des politiques menées depuis 2007...
(www.education.gouv.fr/cid66526/pirls-2011-des-resultats-qui-confirment-l-urgence-de-la-refondation-de-l-ecole.html)
Encore une fois, la baisse est la plus significative sur la compréhension des textes informatifs (-13 points en 10 ans) ainsi que sur les compétences les plus complexes (-11 points). Les élèves français restent les plus nombreux à s’abstenir de répondre aux questions quand les réponses doivent être rédigées et à ne pas terminer les épreuves.
Et encore une fois, la Corée du Sud et la Finlande caracolent en tête du classement. Le ministère, évidemment, considère que ces résultats sont la preuve de « l’échec des politiques menées depuis 2007 » et estime que « la pertinence des orientations présentées pour la refondation de l’École » est confortée... On peut trouver des tas de défauts aux études PIRLS, tout comme à leurs cousines PISA. Mais elles ont au moins le mérite d’exister, et devraient faire réfléchir les éducateurs. Un heureux concours de circonstance fait que le Monde Diplomatique publie dans son édition du mois de janvier une enquête sur le système scolaire finlandais et les luttes politiques qui l’ont vu naître. On y (re)découvre une école sans concurrence, sans inspecteurs, sans redoublement, sans enseignants « disciplinaires » avant l’équivalent de la 4ème... On apprend que des expatriés français préfèrent scolariser leurs enfants dans l’école publique (finlandaise) du secteur plutôt que dans l’école française – pourtant créée exprès pour eux –, ou encore « qu’une bonne partie de la formation [des enseignants] n’est pas consacrée aux contenus à transmettre mais à la pédagogie : « la façon de le transmettre », tout cela dans le but que les élèves ‘‘apprennent la vie’’ et ‘‘trouvent leur chemin’’ »... Une excellente anecdote rapporte également comment, malgré leur projet scolaire néolibéral, les conservateurs finlandais ont finalement décidé de ne rien changer à un système qui permet au pays de truster les places du podium PISA et PIRLS depuis que ces évaluations existent !
Mais comment notre système scolaire en est-il arrivé là ? Durant la période 1970-1995, notre école aligne de meilleures performances, et surtout, montre une progression, une amélioration de son efficacité. Il est vrai que, sous l’influence des mouvements pédagogiques, la profession est, à ce moment-là, stimulée par une dynamique impulsée par René HABY, ministre de l’Éducation nationale (1974-1978), qui met en place le principe du « collège unique », et surtout par Louis LEGRAND, qui prend la responsabilité d’une recherche sans précédent connue sous le nom des « Écoles expérimentales » dans le cadre de l’INRP (Institut National de Recherche Pédagogique). On a du mal, écrit Michel Violet, page 64 du n°34 des Actes de Lecture, à imaginer l’effervescence des idées et la volonté de changement dans le système éducatif au début des années 70... Et du mal à mettre en œuvre ce que ces recherches ont apporté...
C’est autour des années 1995 que tout le monde s’accorde à dire que notre système commence à régresser... Avec la création des IUFM, l’Education nationale et la formation s’ouvrent sur l’extérieur, aux différents domaines d’expertises de l’enfance et de l’éducation. Ce qui se présentait comme une ouverture devint une fermeture pour le monde enseignant : doute, perte de confiance, repli... attitudes provoquées ou encouragées par les derniers ministres.
Pendant ce temps... L’AFL a continué ses travaux, a poursuivi ses recherches, a peaufiné ses propositions... Par exemple, sur la « Voie directe », sur les « Langages », sur les « Politiques de lecture » ou sur les « Outils d’entraînement à la lecture »... L’AFL, en s’appuyant sur son intellectuel collectif, a produit des outils, des pratiques, des réflexions... qui constituent des réponses, parmi d’autres, aux difficultés que connaît l’école d’aujourd’hui.

La Recherche-action semble, à juste titre, une piste incontournable pour la refondation de l’école aujourd’hui. Les travaux de l’AFL tentent de s’inscrire depuis toujours dans ce cadre. Aussi, nous vous proposons de questionner nos modes de fonctionnement à l’œuvre dans les travaux que nous menons : rencontre de l’écrit (lecture, écriture) et d’autres langages (photographie, gestuelle, mathématiques…).
L’Université d’été est le regroupement national autour de nos recherches. Elle aura lieu cette année à Aurillac du 7 au 13 juillet. Nous vous offrons la possibilité d’y prendre part :
le matin, le travail sur les recherches-actions en cours explorera l’analyse des pratiques communes aux différents langages et les formes spécifiques pour chacun d’eux.
l’après-midi, le groupe se scindera pour mieux échanger et approfondir le fonctionnement des outils au service de l’organisation et de la conduite d’une classe.
3 soirées seront consacrées à la réflexion et au travail autour des pistes de la transformation de l’école.
L'université d'été se déroulera cette année au Lycée de la Communication Saint-Géraud (23 rue du Collège à Aurillac)
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arrivée le dimanche 7 juillet 2013 à partir de 16h 00
- départ le vendredi 12 en soirée ou le samedi 13 au matin.
Tarif :
- adhérents : 130€
- non-adhérents : 220€
Inscription en ligne (versement des arrhes 50€)
Inscription par courrier postal (versement des arrhes 50€)

- actualités et formation
Page des formations des groupes locaux :
AL 13 / AL31 / AL 34
La lettre d'Idéographix
Ce journal fait état de pratiques, éclairées des supports théoriques afférents et d'éléments techniques de réalisation d'outils grâce à Idéographix, l'ensemble permettant aux utilisateurs de mieux appréhender les différentes fonctions du logiciel et de permettre une réflexion sur l'apprentissage de la lecture. Il renvoie à une banque d'informations qui visent à faciliter l'appropriation du logiciel et son utilisation dans les classes.
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